Catalogne et indépendance : grave crise pour l'Espagne

Venezuela ? Non, la Catalogne à l'heure de Mariano Rajoy, président du gouvernement conservateur espagnol soutenu par L'Union européenne. Sa police a violemment tenté d'empêcher les Catalans de voter au référendum d'autodétermination du 1er octobre 2017. (Voir rapport de Human Rights Watch)
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RÉSULTATS DES ÉLECTIONS CATALANES DU 21 DÉCEMBRE 2017



Élections en Catalogne: majorité indépendantiste et triple défaite de Rajoy

Barcelone, 22 décembre 2017 (LatinReporters.com) - Le président conservateur du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait lui-même convoqué les élections du 21 décembre en Catalogne après avoir mis sous tutelle la région afin d'empêcher son indépendance. Mais le scrutin a débouché sur une nouvelle majorité indépendantiste et une triple défaite de Rajoy et son Parti Populaire (PP, droite).

1. Ces élections ont vu le premier parti d'Espagne, le PP de Rajoy, repoussé à la 7ème et dernière place des partis représentés au Parlement catalan, avec 4,24% des voix et 3 députés sur 135. De quoi se poser à nouveau cette question: la Catalogne, est-ce vraiment l'Espagne?

2. Le maintien d'une majorité absolue parlementaire indépendantiste (70 députés sur 135), quoique tempérée comme en 2015 par une majorité simple de votes (47,49%), est une gifle humiliante infligée à nombre d'institutions de l'Espagne (roi, Parlement national, gouvernement, justice) et à la presse espagnoliste madrilène (El País, El Mundo, ABC, La Razón).

Les unionistes inconditionnels totalisent 43,49% des suffrages. Quant à la mouvance de Podemos (gauche radicale), elle n'a plus séduit que 7,45% des électeurs. Quoique ses dirigeants disent préférer le maintien de l'unité de l'Espagne, Podemos met un pied dans le camp séparatiste en souhaitant que Madrid autorise légalement un véritable référendum d'autodétermination de la Catalogne.

3. Le scrutin a marqué l'envol de Ciudadanos (25,37% des voix et 37 élus), parti d'une nouvelle droite désormais mieux placée pour concurrencer au niveau national le PP miné par la corruption.

Le nouveau président de la Catalogne devrait être élu par le Parlement régional au plus tôt fin janvier 2018 et au plus tard début avril.

Deux personnalités indépendantistes, largement réélues le 21 décembre, peuvent légitimement briguer la présidence: Carles Puigdemont, ex-président catalan, ou le cas échéant Oriol Junqueras, ex-vice-président, tous deux destitués le 27 octobre dernier par Rajoy après la déclaration unilatérale d'indépendance avortée de la Catalogne.

MM. Puigdemont et Junqueras sont poursuivis pour «rébellion, sédition et malversation de fonds publics». Le premier est actuellement exilé à Bruxelles. Le second est incarcéré dans une prison espagnole.

Ce sont donc deux "proscrits" qui viennent d'infliger une débâcle à Rajoy. Madrid et sa justice, fanatiquement anti-indépendantiste, leur permettront-ils de revenir aux commandes de la Catalogne? L'État espagnol osera-t-il recourir à nouveau à la brutalité policière pour les en empêcher, eux ou leurs suppléants?

Et l'Union européenne, qui soutenait Rajoy, peut-elle encore considérer la crise catalane comme relevant uniquement de la politique intérieure espagnole?




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